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Index de l'article

 

Le domaine d'Escamin.

Fief d'Escamaing
Il y a très longtemps, depuis le moyen âge, Escamin s'écrivait- Escamaing, c'était un fief tenu de la baronnie de Cysoing à 10 livres de relief, comprenant 17 bonniers 1/2 de terres tenant au triez dudit Escamaing et aux terres de la seigneurie de Ponthois ; des rentes sur plusieurs hôtes et tenants, le pennage des pourceaux et le tonlieu des bestiaux; 10 hommages parmi lesquels le Petit-Molinel et Zabulon à Baisieux.
- En 1223, on trouve déjà dans les textes le nom d'un chevalier Bernard d'Escamaing et Micharde sa femme, dont le fief comprenait 17,5 bonniers soit environ 25 hectares.
- Jean, seigneur d'Escamaing, fils de feu Jean, 1439 ; il vendit son fief à Jean d'Hallennes, écuyer en 1451.
- Philippe d'Hallennes, fils de feu Gilles, dit Pépin, écuyer, bailli de Douai, 1472.
- A l'époque des troubles religieux du XVIe siècle, Escamaing appartenait à Antoine de Lannoy, écuyer, seigneur de Bailleul en Tournaisis, qui fut exécuté à Tournai pour hérésie; son fief fut retenu par droit d'annotation.
 
 
Domaine d'Escamin
Escamin c'était un domaine qui comprenait : des terres, des pâtures, un château et sa ferme, et vers 1780 la ferme et le château représentaient une propriété d’environ 3,5 hectares. Si l'on regarde le plan cadastral de 1825 ci-dessous, on remarque que le domaine était entourés de douves. 

Cadastre 1825

 

 
Voici quelques infos sur ces deux édifices : le château et la ferme
 
Le château d'Escamin
 
Le château d'Escamin est une demeure privée du XVIIIe qui n’est pas accessible au public. Jusqu'en 1900, le château faisait partie du domaine d'Escamin. 
Au début du XVIIIe Siècle, un propriétaire du domaine d'Escamin, Jean-Baptiste Potteau, Seigneur d'Escamain, greffier de la Gouvernance de Lille, époux de Catherine Françoise Fruict, fille du greffier des États de Lille; fait bâtir le château d'Escamin.
En 1900, la ferme et le château sont séparés par la vente de ce dernier à Charles Escouflaire. Rappelons que l'accès principal du château se faisait par le chemin Delins bordé de chaque côté par de grands arbres et des pâtures. Puis au bout de celui-ci, on accédait au parc par un porche, sous une tour colombière.  (voir les 2 photos ci-dessous : chemin Délins et porche sous la tour colombier)
 

Chemin Délins jadis

Entrée du château d'Escamin

Vue du château après avoir franchi le porche sous la tour colombier.

Château d'Escamin en 1921

 
Au début du XXe siècle, une maison de gardien fut construite près de la chapelle qui était située rue du Château.

Maison du gardien du château d'Escamin

 
Les différents propriétaires, locataires et occupants.
- Au début du XVIIIe Siècle, un propriétaire du domaine, Jean-Baptiste Potteau, Seigneur d'Escamain, greffier de la Gouvernance de Lille, époux de Catherine Françoise Fruict, fille du greffier des États de Lille; y fait bâtir le château d'Escamin.
- En 1838, Marie Catherine Bonne Godtschalck, épouse de Joachim Joseph Poulle écuyer officier Colonel aux gardes wallonnes, descendante de la famille Potteau est citée propriétaire du château sur l’acte de décès à Baisieux de sa fille Félicie Marie Joséphine
- Dans la seconde partie du XIXe siècle, il fut loué puis acheté par la famille Salembier-Pollet. Puis, par succession leurs descendants, la famille Loingeville, en devinrent propriétaires.
- Vers 1900, il fut acheté par Charles Escouflaire (décédé en 1909), puis ses descendants occupèrent le château : son fils Rodolphe Escouflaire, son petit-fils André Escouflaire et son arrière-petite fille Marie Torfs.
Le château fut occupé épisodiquement par les Allemands durant les deux guerres mondiales.
 
 
L'étang du Château en 1909.

Château d'Escamin

Château d'Escamin dans les années 20

Château d'Escamin dans les années 20

 
L'architecture et les transformations.
Depuis sa construction au début du XVIIIe siècle, le château a perdu sa physionomie première, seule l'aile orientée nord-sud a gardé ses façades intactes, ses anciennes fenêtres et un vieux pignon, il est typique de cette époque avec une ligne classique composite (style régence ?). Le bâtiment en L comportait les pièces de séjour orientées à l'ouest, et une sorte de véranda-jardin d'hiver donnant sur la cour côté ferme (est).
- Au début du XXe siècle, avec Charles Escouflaire, une partie de l'aile orientée nord-sud est aménagée en bureaux pour les employés de l'entreprise de fabrication des poudres anti-asthmatiques créée par Charles Escouflaire. Puis il fait dessiner le parc par un paysagiste, il n'y avait alors aucun arbre.
- Dans les années 20, Rodolphe Escouflaire agrandit le bâtiment de l'aile orientée est-ouest, il remplace la véranda par une grande salle à manger surmontée de deux chambres à coucher. Il ajoute côté est une tourelle pour l'escalier et une cuisine.(voir la photo cour du Château d'Escamin ci-dessous) 
 
 
 À gauche l'aile orientée nord-sud et à droite l'aile orientée est-ouest.

Cour du château

Rodolphe Escouflaire avec sa voiture devant le château dans les années 1920

Rodolphe avec sa voiture dans les années 20

 
Les dégradations suite à l'occupation allemande et à des pillards.
Rappelons que les Allemands ont occupé le château durant la première et la seconde guerre mondiale. Ils y ont fait beaucoup de dégâts, aux cheminées et à certains pavements, une rose des vents et des inscriptions ont été peints sur les murs des garages et sur les murs d'une pièce à l'étage de l'aile nord-sud.
Pendant ces périodes d'occupation, la vie des propriétaires devait être très pénible, les Allemands réquisitionnaient des logements comme le château d'Escamin, et bien entendu ils installaient leurs officiers dans les plus belles pièces.
Lors de la première guerre, Madame Célestine Thérèse Escouflaire (née Delbauve) veuve de Charles Escouflaire décédé en 1909, vivant seule au château, écrivit un journal intime. Nous avons pu lire ce récit où elle livre en 1917 son ressenti face à l’occupant.
Lors de la seconde guerre mondiale, les allemands s'étaient installés durablement sur la propriété. Sur une parcelle de terrain à gauche du château, on voit encore les fondations en béton de baraquements de cantonnement, et dans une dépendance annexe, à l'arrière du château, les occupants avaient construit une sorte d’évier destiné à la toilette des soldats.
Peu après la libération, des groupes les ont remplacés durant quelques mois ? Quel était leur rôle ? Personne ne semble le savoir, mais leur activité s'apparentait plutôt à des actions de pillage près des zones de combat.(cette phrase vient du livre Baisieux 2000, mais est-ce étayé ???)
 
Le château d'Escamin de nos jours :
De nos jours, le château et la maison du gardien existent toujours, l'étang n'a presque plus d'eau car il n'est plus alimenté par le ruisseau Saint-Calixte, et dans les pâtures qui précédaient le château plusieurs villas ont été bâties vers la fin du XXè siècle (voir le cadastre 2021 ci-dessous), la petite chapelle qui était située rue du château, devant l'entrée principale, (voir photo entrée principale) a disparu dans les années 70.
 

Cadastre 2021

 
La ferme d'Escamin

Description.
C'est une grande ferme au carré avec cour centrale de 35 m sur 40 m, elle possède un corps de bâtiment daté de 1722, le reste ayant été partiellement reconstruit après un incendie vers 1860. Les toitures sont recouvertes de tuiles flamandes. Elle était entourée de douves à présent comblées (voir ci-dessous le cadastre napoléonien de 1825). l'entrée se fait par un grand porche arrondi, précédé de deux piliers importants.
Rappelons que la ferme et le château faisait partie du même domaine jusqu'en 1900, date à laquelle le château a été vendu à Charles Escouflaire.
 
Entrée de la ferme vers 1990 et cour de la ferme vers 1914.

Entrée ferme d'Escamin année 1990

Cour ferme d'Escamin

 
Les différents occupants jusqu'à la fin du XXè siècle.
- Rappelons que le fief est bien plus ancien que la ferme, déjà en 1223, on trouve dans les textes le nom d'un chevalier Bernard d'Escamaing et Micharde sa femme, dont le fief comprenait 17,5 bonniers soit environ 25 hectares. 
- En 1451, Jean d'Escamaing, écuyer, fils de feu Jean, vend son fief à Jean d'Hallennes. 
- En 1472, Philippe d'Hallennes, fils de feu de Gilles, dit Pépin, écuyer, bailli de Douai.
- Au XVIè siècle, à l'époque des troubles religieux, Escamaing appartenait à Antoine de Lannoy, écuyer, seigneur de bailleul en tournaisis, qui fut exécuté à Tournai pour hérésie, son fief fut retenu par droit d'annotation. Son censier Bettremieu Mullier fut pendu en 1581 à Lille, pour avoir comploté de livrer la ville au prince d'Orange, chef des protestants des Pays Bas.
- Au XVIIIè siècle, le propriétaire est Jean-Baptiste Potteau, Seigneur d'Escamain, greffier de la Gouvernance de Lille, époux de Catherine Françoise Fruict, fille du greffier des États de Lille. ( souvenez-vous, c'est lui qui a fait bâtir le château d'Escamin). 
- Les bâtiments et le domaine ont été au fil du temps, la propriété de nombreux notables.
- En 1858, la ferme a été revendue à la famille Salembier : François Salembier (1813-1889) a exploité la ferme durant 30 ans, et a été maire de Baisieux de 1848 à 1865.
- Un descendant des Salembier, Loingeville Emile, puis son fils Nicolas furent propriétaires et ont poursuivi l'exploitation du domaine. 
 
La ferme sous l'occupation.
Durant les deux dernières guerres la ferme a été occupée par les troupes allemandes.
En 1914/1918, les allemands y ont rassemblé toutes les vaches de la commune, pour mieux les contrôler (voir photo ci-dessous).
En 1940/1944, les allemands avaient un garage de motos dans une dépendance, et l'on peut encore voir, peints en noir, les numéros d'immatriculation.
 
 Regroupement des vaches de la commune en 14-18

Regroupement des vaches ferme d'Escamin en 14/18

Une info non vérifiée
Il y aurait eu, dans les temps anciens, un souterrain secret qui reliait le domaine d'Escamin à la ferme des Chartreux ? s'il a vraiment existé ce souterrain aurait fait plus de 600 m de long. Il faut savoir que cette cense située en Belgique fut longtemps française et sur le territoire de Baisieux, comme l'indique la carte de Ferraris ci-dessous. La cense des Chartreux fut cédée aux Pays Bas en 1815 par les traités des 20 novembre 1815 et 28 mars 1820. Par l'effet de cette cession, le territoire sur lequel était située la cense des chartreux fut rattaché à la commune de Blandain depuis les événements de 1830 en Belgique (La Révolution belge de 1830 est la révolte, contre le roi des Pays-Bas Guillaume Ier, elle aboutit à l'indépendance et à la neutralité de la Belgique)
 
Ferme des Chartreux située à 650 m à vol d'oiseaux d'Escamin, et carte de Ferraris de 1770 indiquant la cense côté français.

Ferme des Chartreux

Carte de Ferraris
 
Ci-dessous, l'entrée et la cour de la ferme d'Escamin vers la fin des années 90.

Ferme début année 2000

Cour ferme d'Escamin fin XXème Siècle

 

Entrée de la ferme d'Escamin vers 2012

Ferme d'Escamin  2010

 

Plan cadastral de 1825 concernant le domaine d'Escamin.

Plan cadastral ferme d'Escamin en1825

 

  

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