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Cette interview fait partie de l'article IMWE, attention Mesdames ! ces cosmétiques provoquent une intense sensation de bien être...

 

Interview Candice Barbé

Bonjour Candice! pouvez-vous répondre à quelques questions pour les lecteurs de " jeveuxsauverlaplanete.fr "

Oui, avec plaisir ! Je me présente : Candice Barbé, je suis la créatrice de la marque de cosmétiques IMWE, que j’ai lancée en mars 2014. J’ai 37 ans, je suis mariée et j’ai une petite fille de 2 ans et demi ; je vis à Bruxelles.

Que pensez-vous de l'écologie en général ?

Je crois que l’écologie est une des questions les plus fondamentales actuellement, car tout simplement tout le reste dépend du fait que notre Planète subsiste ! J’avoue que je ne comprends pas bien les gens qui ne s’y intéressent pas…

 

Voici une série de questions, afin que les lecteurs puissent mieux vous connaître dans votre vie quotidienne :

 

Appliquez-vous ces principes de respect de la planète dans votre couple (par vos déplacements, vos achats, vos gestes quotidiens) ? Évitez-vous les suremballages lorsque vous achetez des produits de consommation ? Etes-vous sensible aux produits alimentaires dit bio et les utilisez-vous ? Etes-vous locavore ? Economisez-vous l'énergie en général ?

J’essaie de respecter l’environnement et la Vie en général par tous les gestes de mon quotidien comme dans toutes les décisions que je prends pour IMWE.  Je mange à 99% BIO et tous les fruits et légumes sont locaux ; tous les fruits, légumes, fruits secs et légumineuses sont achetés en vrac, et surtout je choisis de petits commerçants ou des marchés et jamais des supermarchés pour faire mes courses, car je sais qu’il y a plusieurs qualités/conceptions de ce qu’est l’agriculture BIO. C’est la même chose pour IMWE, j’ai choisi au maximum de petits producteurs parce que les grands laboratoires ont, je trouve, une qualité moindre, la rentabilité restant leur objectif premier, plus que la qualité…  et leur démarche s’inscrit dans une autre vision du monde… En vêtements aussi, j’achète majoritairement du bio à présent, mais ça reste très difficile de trouver une offre de produits qui me plaît. Pour les enfants, l’offre est beaucoup plus variée, colorée, donc pour ma fille je n’ai aucun souci, mais pour adulte, je trouve qu’il y a beaucoup de choses tristes, ou de modèles un peu étranges, pas évident d’y trouver son bonheur !

La simplicité est presque aussi importante que le BIO je pense, car même en produits éthiques/bio/naturels, si on achète sans cesse des choses dont on n’a que peu besoin, la Planète ne pourra pas continuer à absorber les déchets. Même quand un article est biodégradable, il y a aussi l’énergie et les déchets que ça a suscité de le produire, donc aucun achat n’est anodin…

Et puis bien sûr, au-delà des achats, il y a tous les gestes à poser au quotidien. Les premières choses que nous avons faites une fois que nous avions trouvé la maison, c’était l’isoler (laine de chanvre dans le grenier, double vitrage partout), changer la chaudière et ajouter un panneau thermique, du coup nous n’avons quasi pas eu de meubles pendant 3 ans, restriction de budget oblige ! Le panneau photovoltaïque va suivre au printemps, avec une toilette sèche pour laquelle nous avons déjà libéré un espace. Je n’ai qu’un petit jardin, mais je cultive déjà toutes les plantes aromatiques et nous avons choisi des fruitiers en espalier pour cacher les murs, notre première récolte était délicieuse !

En fait, respecter l’environnement c’est un processus sans fin, car en s’informant, on découvre de nouvelles possibilités, on se rend compte que tel comportement peut encore être changé, et on évolue, personne n’est parfait, mais j’essaie de faire tout ce qui est possible. C’est la même chose pour IMWE, j’ai voulu aller au-delà des labels, dont les exigences se limitent à un pourcentage d’ingrédients BIO et l’exclusion de certains ingrédients dangereux. Je trouve qu’une démarche écologique, c’est bien plus que ça ! Mes quatre soins sont composés de 90 à 95% d’ingrédients européens, et les ingrédients exotiques comme les beurres de karité et de coco sont bio et équitables. Je trouve ce dernier point très important, parce que respecter l’environnement, mais pas les humains qui y vivent est absurde, or les labels bio ne garantissent rien quant au travail des enfants ou aux salaires décents…  Le laboratoire que j’ai créé à Schaerbeek a aussi été conçu pour être le plus écologique possible : les murs ont été badigeonnés avec une chaux d’Italie, et peints avec des peintures non toxiques extraordinaires créées au Royaume-Uni. Et la fabrication se fait de façon quasi totalement non mécanisée ; il n’y a que l’émulsification qui est impossible à réaliser sans machine, mais l’embouteillage se fait manuellement. Et puis bien sûr il y a ma décision de n’utiliser aucun ingrédient issu du palme, qui a été un vrai défi car l’huile de palme se cache partout, et les fournisseurs ne savent pas toujours exactement ce que contiennent les ingrédients qu’ils vendent !

 

Comment avez-vous eu l'idée de fabriquer et vendre des cosmétiques bio et, était-ce votre métier de base ?

Je suis juriste et criminologue de formation, j’ai travaillé dans l’enseignement et dans le monde judiciaire mais sans jamais y trouver le bonheur. Quand j’ai suivi une formation en aromathérapie pour me soigner au naturel il y a 8 ans, ça a été le déclic, j’ai adoré et à partir de là, j’ai su que je changerais de métier, que je travaillerais avec ces essences de plantes absolument magiques ! Ensuite, en fabriquant des cosmétiques pour des amis, j’ai eu des retours si positifs et j’ai trouvé ça si intéressant, que j’ai eu envie de me lancer, surtout que je trouvais le marché des cosmétiques existants assez peu intéressant et peu exigeant au niveau des engagements environnementaux.

 

Pour cette activité, et pour créer vos produits, pour la matière première utilisez-vous du bio labellisé à 100% ou recherchez-vous par vous-même des produits naturels que vous estimez bons pour la santé et l'environnement ?Vous procurez-vous ces produits à proximité de Bruxelles ?

Pour créer des émulsions, c’est-à-dire un mélange d’ingrédients aqueux et huileux pour former une crème ou un lait, il est impossible actuellement d’utiliser 100% d’ingrédients BIO. Les conservateurs et les émulsifiants peuvent être d’origine végétale, mais comme ils sont transformés, ils ne peuvent pas être labellisés bio ; l’eau, même une eau de source comme dans les soins IMWE, ne peut être labellisée bio non plus. Donc le pourcentage de bio est forcément limité, ce qui n’est pas le cas par exemple pour des huiles de massage ou des baumes à lèvres. Les soins IMWE contiennent donc 20 à 25% d’ingrédients BIO ; l’intégralité des huiles utilisées par exemple est 100% de culture BIO, et ce sont en outre des huiles vierges, c’est-à-dire absolument non transformées et extraites sans aucun solvant, ce qui n’est pas imposé dans les labels bio mais que moi je trouve indispensable pour faire un produit écologique et pour apporter à la peau ce dont elle a besoin.

Et puis il y a l’engagement du caractère local que j’ai déjà évoqué. Des ingrédients à proximité de Bruxelles, c’était impossible, car chaque ingrédient utilisé en cosmétique doit faire l’objet d’un lourd dossier, d’analyses etc. Donc si on part des fleurs ou des fruits de l’agriculteur du coin, il faut faire réaliser tous ces dossiers soi-même et le coût est impensable pour une petite structure comme moi ! Je voulais utiliser du miel local, mais même problème, il faudrait faire analyser chaque lot pour la présence éventuelle de bactéries, d’allergènes etc., donc c’était impraticable, à mon grand regret. Par contre, je suis ravie d’avoir pu atteindre un taux aussi élevé d’ingrédients cultivés en Europe, ce qui est déjà pas mal quand on voit quelle est généralement l’origine des ingrédients en cosmétique ; ainsi, les huiles de Bourrache ou de Chanvre proviennent presque toutes de Chine, mais j’ai trouvé un fournisseur qui les extrait de plantes françaises.

 

Expédiez-vous vos créations hors de Belgique ? Si oui, avez-vous déjà une clientèle Française, voir Européenne ?

Le site internet www.panierdeloise.be, spécialisé dans les produits made in Belgium, propose mes produits et fait des livraisons dans presque toute l’Europe. C’est pour l’instant le seul moyen de les acquérir de France. Mais depuis l’obtention de la mention Slow Cosmétique (qui récompense les marques les plus écologiques, humaines, raisonnables et intelligentes : http://www.slow-cosmetique.org/), j’ai beaucoup de Françaises qui m’écrivent pour savoir où trouver les produits. A moyen terme, je voudrais bien entendu proposer ma gamme en dehors de Belgique, même si je veux lui conserver un caractère local, donc elle ne sortira jamais d’Europe !

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